Stratégie RSE : 10 grands principes pour un engagement sociétal à la hauteur des enjeux
Pour garantir son impact, l’engagement sociétal des entreprises doit être cohérent, utile et fédérateur. Chez Komeet, nous avons identifié 10 grands principes pour bâtir des programmes solides, impliquant salarié·es et associations sur la durée.

Comment s’assurer que l’engagement sociétal est cohérent, fédérateur et utile ? 10 grands principes
Face aux enjeux actuels, l’engagement sociétal, c’est à dire la contribution d’une entreprise pour résoudre les défis sociaux et environnementaux actuels, doit passer à la vitesse supérieure. Les entreprises doivent aller plus loin dans leurs engagements, mais surtout, s’assurer qu’elles génèrent réellement un impact positif pour l’ensemble des parties prenantes.
Guide utile : Démultiplier l’impact de son entreprise en 3 étapes
Les commitments ont été pensés pour servir de boussoles pour construire un engagement sociétal triplement positif :
- Pour les associations, dont les besoins ne cessent de grandir
- Pour les salarié·es, qui ne veulent pas d’un engagement de surface
- Pour l’entreprise elle-même, qui doit allier responsabilité et performance
En d’autres termes, ces grands principes sont les piliers de relations entre entreprises et associations saines et utiles, qui donnent une place à chaque salarié·e. Ils garantissent un engagement sociétal cohérent, fédérateur, et réellement utile pour chaque partie prenante.
Les voici :
- Responsabilité complète : Je considère que l’entreprise doit assumer la responsabilité des externalités négatives qu’elle génère sur les ressources naturelles, humaines et sociales.
- Transformation profonde : Je considère que l’engagement sociétal des salarié·es n’est pas une fin en soi et qu’il doit être accompagné d’une transformation profonde du modèle de mon entreprise.
- Priorité au terrain : Je pars systématiquement des besoins des associations et des bénéficiaires pour construire mes initiatives d’engagement.
- Moyens pérennes : Je m’engage à préserver sur le long-terme les moyens humains et financiers dédiés à l’engagement pour garantir sa continuité.
- Engagement pour chacun·e : Je rends l’engagement accessible à toutes et tous, quel que soit le poste, le niveau ou l’ancienneté.
- Investissement utile : Je considère le temps d’engagement comme un investissement collectif nécessaire au service des causes importantes.
- Soutien complet aux associations : Je m’efforce d’allier engagement humain et soutien financier, car les associations ont besoin des deux pour agir efficacement.
- Culture engagée : Je fais de l’engagement un principe fondateur de ma culture d’entreprise.
- Mesure en continu : Je mesure l’impact de chacune de mes actions pour l’ajuster et l’amplifier en continu.
- Transparence et sincérité : Je rends compte publiquement de l’avancée de mes engagements, en reconnaissant leurs limites et mes marges de progrès.
Parce qu’il est temps que l’engagement prenne un nouveau tournant. Nous souhaitons porter ces commitments, les prôner, mais surtout les faire vivre aux côtés des associations et des entreprises. Découvrons comment.
Un engagement sociétal à la hauteur des enjeux : regards croisés d’entreprises et d’associations
Zoomons désormais sur six de ces grands principes avec les analyses de quatre acteur·ices de l’engagement. Des regards croisés d’entreprises et d’associations qui mettent en lumière la façon dont l’engagement sociétal doit être porté pour s’assurer de son impact positif, sur le terrain.
Assumer et remédier aux externalités négatives de son entreprise
Prendre conscience des impacts négatifs générés est la première étape pour engager son entreprise. Le commitment “Responsabilité complète” vise à inciter les entreprises à faire ce premier pas pour en inverser la courbe.
Les modèles d’affaires actuels des entreprises génèrent ce que l’on appelle des externalités négatives, qu’elles soient environnementales ou sociales.
Cependant, comme le précise Fabrice Bonnifet - Président du C3D (un réseau d’experts qui pousse les entreprises à transformer leur modèle) et Directeur DD et QSE du Groupe Bouygues :
“En France, la législation encadre davantage l’aspect social que environnemental, mais cela ne justifie pas la production d’externalités négatives sur l’environnement”.
Il faut être conscient de l’impact que notre entreprise génère et diminuer ces externalités. Des impacts qui résultent principalement de modèles d’affaires peu vertueux, nécessitant une transformation en profondeur.
Vers un modèle d’affaires plus vertueux pour les entreprises
Le commitment “Transformation profonde” souligne l’importance d’associer l’engagement sociétal à la transformation complète du modèle de l’entreprise. Le lien est évident, car sans fédérer l’ensemble de ses salarié·es, cette transformation ne peut avoir lieu et inversement.
Les entreprises créent de la valeur économique. Mais à quel coût social et environnemental ? Afin d’être aligné·e à ces enjeux, “leur modèle doit se transformer pour adopter une dimension régénérative” affirme Fabrice Bonnifet. Un modèle qui ne soit plus “extractiviste et écocidaire mais qui génère des externalités positives”. C’est l’approche portée par des entreprises labellisées B Corp, qui cherchent à allier performance et impact.
Pour cela, l’implication de toutes les parties prenantes est essentielle, à commencer par celle des salarié·es. “Nombreux·ses sont celles et ceux qui ont conscience des enjeux sociaux et environnementaux”. Ils·elles ont envie d’agir. La question est de savoir comment y parvenir.
C’est en s’informant, se formant et en s’engageant que les salarié·es pourront contribuer à changer les pratiques de leur entreprise. Et cela passe par convaincre leur direction. Comme le souligne Fabrice Bonnifet, ils et elles pourront ainsi “passer de l’engagement à l’implication dans la transformation du modèle de l’entreprise”.
La Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE), créée par Martine Aubry et 12 dirigeant·es d’entreprise, a pour “mission sociale première d’engager les entreprises au travers des collaborateur·ices pour agir en faveur des publics en situation d’exclusion”, précise Marine Lefèvre.
Fabrice Bonnifet et Marine Lefèvre partagent ainsi cette conviction : les collaborateur·ices ont un rôle à jouer dans la transformation des entreprises.
Un engagement sociétal accessible à tous·tes les salarié·es
L’engagement ne doit pas être excluant. C’est ce qui ressort du commitment “Engagement pour chacun·e”. Pour le rendre fédérateur, il est important d’inclure tous·tes ses salarié·es dans sa démarche d’engagement, sans exception.
Le groupe immobilier Covivio a créé sa fondation d’entreprise en 2020 et lancé le programme d’engagement des collaborateur·ices So Covivio.
Assez rapidement, tous·tes les salarié·es ont la possibilité de s’engager. Aujourd’hui, aucun critère d’entrée ou de sélection n’est requis, qu’il s’agisse du poste ou encore de l’ancienneté.
Un accès à l’engagement que FACE permet également, en proposant des missions ouvertes à tous·tes les collaborateur·ices. Marine Lefèvre - Directrice de l’engagement des entreprises chez FACE, explique cette initiative : “nous sommes engagé·es contre l’exclusion donc il est évident que nous nous devons de rendre accessible l’engagement à tous·tes”.
Il faut mobiliser toutes les compétences et profils pour s’adapter aux divers publics que la Fondation accompagne.
L’essentiel est de lever les freins à l’engagement des collaborateur·ices et de le légitimer. Un passage à l’action qui se heurte parfois à une certaine crainte. Ainsi, Covivio a observé des réactions divergentes au sein de différentes ses branches européennes :
- En Italie, “les salarié·es ont directement été enthousiastes à l’idée de s’engager, avec 90% de taux d’engagement la première année.” relève Géraldine Lemoine - Directrice Communication et Vice-Présidente de la Fondation Covivio. Alors qu’un grand nombre de collaborateur·ices allemand·es se questionnaient sur une telle initiative.
- Mais c’est surtout en France que la question de la légitimité s’est posée. “Certain·es collaborateurs·ices se demandaient si s’engager n’allait pas être mal perçu par leur manager.”
Covivio a donc décidé d’embarquer le management pour que les salarié·es s’autorisent à passer le pas et a supprimer l’obligation de validation des missions par les managers en parallèle.
Pour vous inspirer : 5 manières d’améliorer l’engagement collaborateur·ice : le guide
Enfin, la légitimité passe aussi par la mise à disposition de missions sur lesquelles tous·tes les collaborateur·ices n’auraient pas osé se positionner par eux-même.
Par exemple, un cabinet de consulting partenaire de FACE a ouvert ses missions, qui visent à accompagner des seniors éloignés de l’emploi, à tous ses salarié·es, y compris les plus jeunes qui ne se seraient pas senti·es légitimes de part l’écart d’âge.
Allier soutien humain et financier pour répondre aux besoins des associations
Pour agir efficacement, les associations ont à la fois besoin de ressources financières et humaines. C’est tout l’enjeu du commitment “Soutien complet aux associations”.
Chez Covivio, le mécénat financier est la première porte d’entrée pour les associations, avec un don accordé dès leur intégration au réseau.
Mais ce soutien va bien au-delà du financement. L’entreprise accompagne chacune d’entre elles par divers moyens :
- Des missions de bénévolat ponctuelles via une plateforme digitale ;
- Du mécénat de compétences adapté aux besoins des associations ;
- Une mise à disposition gracieuse de certains parcs de bâtiments ;
- Et une aide sur des sujets immobiliers (recherche de locaux, déménagements, négociation du bail etc)
Avec ces moyens mis à disposition, les associations peuvent continuer leurs actions.
Lire aussi : Dons des entreprises aux associations : décryptage
Faire des besoins des associations une priorité de sa stratégie d’engagement
S’engager pour une association signifie par ailleurs comprendre et prendre en compte les besoins des associations pour les satisfaire. C’est ce que prône le commitment “Priorité au terrain”.
L’association Proxité a été fondée en 1993 pour prévenir le décrochage scolaire des jeunes issus des quartiers populaires. Des inégalités souvent liées au manque d’accès à l’information et de soutien scolaire pour les jeunes les plus défavorisés.
Pour répondre aux besoins de ces bénéficiaires, “il est essentiel de comprendre ce qui leur fait défaut : la présence d’un parent, d’une figure qui est capable de les conseiller et de les accompagner” explique Sébastien Lailheuge - Directeur de Proxité.
Au fur et à mesure que l’association grandissait, ses besoins ont pris de l’ampleur. Elle a donc recherché des volontaires pour accompagner ces jeunes sur de longues périodes : le temps d’une année scolaire complète et sur une fréquence d’une fois par semaine.
Proxité a eu “la chance de pouvoir bénéficier, dès ses débuts, de l’aide des entreprises AXA ou encore Vinci sans devoir adapter les parcours à la carte”.
Plus généralement, Sébastien Lailheuge souligne que “les entreprises partenaires de Proxité respectent le cadre posé et le promeuvent”.
Cela démontre bien qu’il est essentiel de partir des besoins réels des associations pour construire des partenariats efficaces et pérennes. C’est précisément ce que prône le commitment “Priorité au terrain” : comprendre les attentes des associations et y répondre de manière adaptée, sans chercher à imposer des formats prédéfinis.
Soutenir les associations en continu
Le commitment “Moyens pérennes” appuie la nécessité d’offrir un soutien continu aux associations. Une fiabilité indispensable pour qu’elle puisse s’assurer de répondre aux besoins de leurs bénéficiaires sereinement.
Avec sa fondation, Covivio a d’abord accompagné les associations bénéficiaires sur 1 an puis a allongé son soutien à 3 ans, en se rendant compte que leurs besoins s’étendait sur le long terme.
Les associations ressentent “de nombreuses incertitudes qui peuvent être liées au financement mais aussi aux ressources humaines” qui doivent être pérennes.
Chez Proxité, l’engagement envers les jeunes bénéficiaires doit être tenu sur le long terme. Ces derniers accordent leur confiance aux bénévoles qui les accompagnent et ne peuvent être délaissé·es au milieu de l’année. Sébastien Lailheuge parle même “d’externalités négatives” dans ce cas précis.
Les entreprises qui soutiennent l’association respectent ce besoin et bon nombre d’entre elles oeuvrent à ses côtés depuis plus de 12 ans.
Un soutien durable qui lui permet une sérénité, de se projeter sur les objectifs futurs et de “favoriser le dialogue autour des besoins de l’association pour un impact structurant”.
Vers une accélération de l’impact de l’engagement sociétal des entreprises en 2025
Transformation des entreprises, besoins des associations, engagement accessible à tous·tes…Cet échange a permis de mettre en lumière les méthodes et pratiques qui font un engagement sociétal structurant. Pour le clôturer, nos quatre invité·es se sont exprimé·es sur leurs ressentis et ont énoncé leurs voeux pour l’engagement sociétal.
“Je pense qu’il est grand temps de redonner du sens au progrès. Quand les salarié·es sont bénévoles pour une association et se sentent utiles, c’est à ce moment-là qu'ils·elles sont les plus heureux·ses. Et pour que les collaborateur·ices s’engagent mieux, il faut convaincre les dirigeants de changer leur modèle d’affaires et que les salarié·es leur disent “c’est bien la profitabilité, mais la durabilité c’est mieux.” - Fabrice Bonnifet
“Le premier objectif serait de réussir à montrer que toutes les entreprises de notre territoire peuvent trouver auprès du tissu associatif et des acteurs comme Komeet, des moyens de s’engager à la hauteur de leurs envies. Pour s’engager et engager leurs salarié·es sur leur temps de travail. Et le deuxième, que la performance des salariés lors, par exemple, d’entretien annuels soient évalués également sur l’engagement sociétal.” - Marine Lefèvre
“Les entreprises sont déconnectées, il faut continuer de connecter l’entreprise avec les associations ! Embarquer l’écosystème business dans le mouvement de dynamique positive.” - Géraldine Lemoine
“Le tissu associatif morfle en ce moment. Les besoins implosent sur le terrain. Ce soutien financier des entreprises au tissu associatif est essentiel. Il faut continuer. Du côté de Komeet, il faut continuer de s’engager pour des jeunes qui en ont vraiment besoin. Même 10 heures, 13 heures par mois. Et quand ça marche, il y a de belles histoires. Continuez à vous engager !” - Sébastien Lailheuge
En somme, l’engagement ne doit pas rester une idée, une intention, mais s’appuyer sur des contraintes pour engager ses collaborateur·ices : c’est justement ce que permettent les commitments. Un juste milieu entre la liberté et la responsabilité de s’engager !
Komeet vous accompagne dans la création et l’animation de programmes cohérents, fédérateurs et utiles, guidés par ces commitments. Contactez nos expert·es pour en savoir plus.
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