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Le cadre réglementaire et légal de la RSE

Découvrez le cadre réglementaire et légal de la RSE avec un focus sur les normes internationales, les directives européennes et les lois françaises. Apprenez comment ces régulations influencent les pratiques responsables des entreprises.

March 13, 2025
Femme en visioconférence portant un casque avec micro, échangeant activement lors d’une réunion en ligne, dans un environnement de travail avec des plantes en arrière-plan

La RSE s’est développée d’abord en tant que démarche volontaire, mais s’est progressivement dotée d’un cadre réglementaire, légal et normatif en France et en Europe.

Aujourd’hui, on peut différencier différents types d’encadrement de la RSE :

  • Les réglementations et normes qui encadrent la RSE ;
  • Les obligations et interdictions légales liées aux différentes thématiques de la RSE.

Plusieurs textes de loi ou normes RSE existent. Ils sont à différencier des obligations et interdictions, puisqu’ils ne constituent pas une obligation, mais réglementent la RSE. Dans cet article, nous vous proposons de découvrir les principales normes, lois et régulations RSE, en France comme à l’international.

A l’international - La norme ISO 26 000

La norme ISO 26 000, c’est une norme internationale de référence, publiée en 2010, pour les entreprises et organisations qui s’engagent à fonctionner de manière socialement responsable.

Elle repose sur 7 piliers centraux :

1. La gouvernance

2. Les droits des êtres humains

3. Les conditions de travail

4. L’environnement

5. La loyauté des pratiques

6. Les questions liées aux consommateurs

7. Le développement local et communautés

Contrairement aux autres normes ISO très connues, elle a pour spécificité de ne pas être ouverte à la certification. Cela est lié au fait qu’elle contient des lignes directrices et non des exigences. Cette norme permet notamment de :

  • Définir un cadre, reconnu internationalement, pour les organisations souhaitant adopter un comportement responsable sur les plans social et environnemental.
  • Clarifier la notion de responsabilité sociétale en définissant des principes et en aidant les entreprises et organisations à les transposer en actions concrètes.

La norme ISO 26 000 peut être utilisée comme référentiel RSE transverse ou comme méthodologie d’amélioration continue de la stratégie RSE et des déclinaisons opérationnelles.

C’est aussi (et surtout) sur cette norme que se basent de nombreux autres référentiels / certifications, comme le Label Lucie ou B Corp par exemple.

En Europe - La CSRD

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) est une directive européenne visant à améliorer les flux financiers en faveur des activités durables.

Elle encadre le reporting extra-financier au niveau européen, c’est-à-dire la manière dont les entreprises rapportent leur prise en compte des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance. Elle succède à la NFRD (Non-Financial Reporting Directive), qui s’appliquait pour les grandes entreprises de l’Union européenne (UE) depuis 2014. La DPEF (Déclaration de Performance Extra-Financière) était, quant à elle, la déclinaison de la NFRD pour les entreprises françaises. Le rapport de durabilité de la CSRD a remplacé la DPEF (Déclaration de Performance Extra-Financière).

La CSRD vient créer un cadre commun pour toutes les entreprises, garantissant que tous les aspects de la RSE soient traités de manière exhaustive et standardisée. Cette démarche permet une comparaison fiable entre les entreprises européennes, renforçant ainsi la transparence et identifiant celles qui adoptent une véritable démarche RSE par rapport à celles qui pratiquent le greenwashing.

À noter : dans l’objectif d’alléger la charge de déclaration pesant sur les entreprises, de nouvelles mesures ont été annoncées par l’exécutif européen concernant la CSRD. Initialement, les entreprises concernées doivent remplir au moins 2 des 3 critères suivants :

  • Plus de 250 salarié·es ;
  • 25 millions d’euros de bilan ;
  • 50 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Les petites et moyennes entreprises cotées sur un marché réglementé européen ont l’obligation de s’y conformer.

Suite à cette annonce, les exigences de reporting ne s'appliqueront plus qu'aux grandes entreprises de plus de 1000 salarié·es, avec un chiffre d'affaires supérieur à 50 millions d'euros ou un total de bilan supérieur à 25 millions d'euros.

Enfin, les évolutions résides aussi dans le report de deux ans (jusqu'en 2028) des exigences de reporting pour les entreprises qui sont tenues actuellement de produire un rapport à partir de 2026 ou 2027 et les PME cotées avec une entrée en vigueur prévue en 2027.

Pour en savoir plus sur ces nouvelles mesures, vous pouvez vous référer au site de la Commission européenne.

À lire aussi : La directive CSRD : C’est quoi ?

En France - Pays pionnier de la RSE

Le terme de RSE apparaît dans les années 90 en France avec les premières définitions du développement durable.

Le cadre législatif français suit les grandes lignes directrices de la norme ISO 26000, dont l’objectif est d’augmenter la transparence des entreprises sur l’impact de leurs activités sur l’environnement et le social.

La France est aujourd’hui un leader mondial en termes de hard law sur la RSE (cadre législatif très strict) avec des lois de plus en plus ambitieuses et contraignantes.

  • La Loi NRE (Nouvelles Régulations Économiques de 2001) impose aux entreprises cotées en bourse de publier chaque année un rapport extra-financier dans lequel elles doivent décrire les conséquences environnementales et sociales de leur activité et leur gouvernance.
  • La loi contre les discriminations à l’embauche et au travail (2008) : Tout‧e salarié‧e ou candidate‧e à tout type d’emploi est protégé·e par Le Code du Travail (art. L.1132-1). Cette loi interdit toute distinction fondée notamment sur : l’origine ; le sexe ; les mœurs ; l’orientation ; l’identité sexuelle ; l’âge ; la situation de famille ; la grossesse ; les caractéristiques génétiques ; l’appartenance ou la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race ; les opinions politiques ; les activités syndicales ou mutualistes ; les convictions religieuses ; l’apparence physique ; le nom de famille ; le lieu de résidence ; l’état de santé ; le handicap.
  • La Loi Grenelle II (2011) étend la loi NRE à toutes les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 100 millions d’euros ou employant au moins 500 salarié·es.
  • Cette obligation concerne également les entreprises de plus de 250 personnes. Depuis le 1er janvier 2023, ces acteurs doivent réaliser un bilan carbone complet (scopes 1, 2, 3).
  • La Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (2015) fixe des obligations de mesure et de reporting d’impacts environnementaux notamment sur la consommation énergétique, l’économie circulaire et le gaspillage alimentaire. C’est la première loi au monde à inciter les investisseurs institutionnels à publier le reporting ESG (Environnement, Social et Gouvernance) de leurs activités.
  • La Loi sur le devoir de vigilance (2017) fait de la France un pays leader en termes de RSE. Les sociétés mères et les entreprises donneuses d’ordres doivent faire preuve de plus de transparence sur leur empreinte écologique. Les entreprises de plus de 5 000 salarié·es en France doivent maintenant publier un plan de vigilance pour prévenir et lutter contre les risques environnementaux, sociaux ou de corruption liés à leurs activités ainsi qu'à celles de leurs partenaires (filiales, sous-traitants et fournisseurs en France comme à l’étranger).

À savoir : Dans le cadre du projet Omnibus, la Commission européenne propose, parmi d’autres mesures, de reporter d'un an (au 26 juillet 2028) l'application des exigences de diligence raisonnable en matière de développement durable pour les plus grandes entreprises (source).

  • La loi pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) de 2019 a un triple objectif : faciliter la croissance des entreprises dès leur création jusqu'à leur transmission ; parvenir à un meilleur partage des richesses créées par les entreprises avec leurs salarié·es ; inclure les entreprises dans une démarche de protection de l'environnement.
  • Le décret tertiaire de la RE (2020) impacte tous les métiers de la chaîne de valeur du bâtiment. Toutes les entreprises concernées doivent porter une attention particulière à l’empreinte carbone de leur activité et disposer de données suffisantes, afin de permettre au maître d’ouvrage de se tourner vers des matériaux et modes de construction moins émetteurs.
  • La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) de 2020 a pour objectif de modifier les modes de consommation et de production et de passer à l’économie circulaire d’ici à 2040. Cette réglementation vise notamment à éliminer tous les emballages plastiques à usage unique et jetable.
  • La déclaration obligatoire d’emploi des travailleurs handicapés (DOETH) de 2020 : chaque entreprise de 20 salarié·es et plus a l’obligation d’employer des travailleurs handicapés (OETH) à hauteur de 6 % de son effectif. Elle doit également soumettre chaque année une déclaration relative à l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (DOETH). Lorsqu'elle ne remplit pas cette obligation, l'entreprise doit verser une contribution annuelle.
  • La loi climat et résilience (2021) vient renforcer le respect des engagements de la France sur le plan environnemental et comporte plusieurs thématiques dont la production et le travail. Cette réglementation devrait permettre un alignement des modèles de production avec la stratégie nationale bas carbone (SNBC) et la stratégie nationale biodiversité 2030 (SNB).
  • La loi Rixain (2021) pour accélérer la participation des femmes à la vie économique et professionnelle de 2021, comporte plusieurs mesures visant à une plus grande égalité entre les femmes et les hommes dans les entreprises. Par exemple, son article 14 instaure une obligation de représentation équilibrée entre les femmes et les hommes dans les postes de direction des grandes entreprises.
  • Le bilan d’émissions de gaz à effet de serre (BEGES) est un document qui sert de bilan et de diagnostic environnemental, notamment pour les entreprises. Il est obligatoire pour toutes les entreprises de plus de 500 salarié·es, les personnes morales de droit public de plus de 250 salarié·es et les collectivités de plus de 50 000 habitants. Depuis juillet 2022, les émissions de scope 3 sont à prendre en compte dans le bilan. Il faut donc considérer les émissions directes, mais aussi indirectes de l’entreprise. La méthode de calcul utilisée repose ensuite sur des facteurs d’émissions physiques ou monétaires.

Vous connaissez désormais le cadre légal de la RSE, le changement peut donc prendre place au sein de votre entreprise !

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